Patrick Sébastien perd le "Gérard du plus relou de la TV", il est déçu

Publié le par Aphasique



Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, on ne pas peut cerner facilement Patrick Sébastien !

Aujourd'hui, il poste une vidéo sur son blog et YouTube pour marquer son mécontentement : il aurait dû recevoir une récompense, le parpaing doré de l'animateur bien relou de l'année ...à la place de Christophe Hondelatte ! (palmares complet ici)


C'est drôle. Et ça laisse une impression bizarre. Il faut se rendre à l'évidence : Patrick Sébastien est une anguille.

Un littéraire qui écrit des niaiseries

Auteur du Petit bonhomme en Mousse, de Et on fait tourner les serviettes, ou de Ah... si tu pouvais fermer ta gueule - bref, des paroles les plus niaises de ces 20 dernières années - il est pourtant un authentique littéraire. Adolescent, il voulait devenir professeur de Lettres. Il a changé de plan de carrière en cours de route, mais il est cultivé, le bougre. Ses passages dans l'émission Questions pour un champion impressionnent. D'où, une certaine skisophrénie. Ses chansons sont de plus en plus faciles, calibrées pour les banquets. Mais il se plaint  du traitement des critiques, qui le méprisent - et il en rajoute. Démago, trop démago... mais sans doute un des personnages les plus intéressants du bocal, il écartèle l'observateur.

Les pieds de nez de Sébastien

Ce qu'on reproche à Patrick Sebastien  - et je pense que c'est justifié - c'est donc une certaine démagogie. Il aime tout le monde. En même temps, c'est facile, avec lui, tout le monde est beau ! Pourtant, dans son livre Putain d'audience, en 2006, il tape sur pas mal de monde. Et ça fait du bien. Notamment sur des institutions intouchables - et sur ceux qui en profite pour servir leurs intérêts - il les appelle les chanteurs humanitaires, habitués des restos du coeurs. Il dénonce l'hypocrisie du système, pointe du doigt certaines dépenses peu opportunes - dont on avaient pas souvent entendu parler. Il est comme ça, le Patrick : démago et en même temps, très libre. Grande gueule.

Démago et pas rancunier (mais très malin). Parmi les plus critiques à l'égard de Sébastien, on trouve François Rollin. Au début des années 2000, dans les émissions radio de Laurent Baffie, le professeur Rollin explique à quel point il déteste l'animateur, il n'adhère à rien dans Sébastien : le côté populaire (il dit populiste), dégoulinant de bonnes intentions. Quelques temps plus tard, un samedi soir, qui Patrick invite-t-il dans son cabaret ?

Plus révélateur du personnage, l'année dernière, voulant mettre en lumière l'incohérence des critiques littéraires, il  est l'auteur d'un pied de nez assez fabuleux - son coup de maître. Il écrit, sous le pseudonyme de Joseph Lubski, La cellule de Zarkhane. Dans ce livre, il se fait passer pour un ancien prisonnier. Ensuite, il se fait plaisir : Il compare les critiques reçues avant et après la révélation. Après le révélation, ça n'a plus rien à voir. Des journaux auraient même, la nouvelle apprise, annuler des papiers au dernier moment.

Aujourd'hui, le message de l'animateur aux organisateurs des Gérards est dans la même veine. Un contre pied, une réponse pleine d'humour, de panache et de lucidité.

Vous avez voulu m'enfermer ? Je vais aller encore plus loin dans la caricature.

Une lucidité dont peu d'animateurs font preuve ...et qui laisse une impression bizarre, douce amère.

Paradoxal

Son succès est incontestable et multi-support. Une chose est sûre, Patrick Sébastien n'est pas que ce clown qui chante des chansons à boire. Mais, face à son image, son attitude est des plus paradoxales.

Il connait par coeur les critiques qu'on lui adresse. Il pourrait s'en moquer - d'ailleurs, prétend-t-il souvent s'en moquer -  ...mais c'est faux. Ses interviews, ses livres, ses petites piques lancées à l'antenne y font sans cesse référence. Même la nature de ses choix artistiques prennent en compte ces critiques. Il mène un vrai bras de fer avec le monde parisien qui le rejette. Il veut prouver qu'il peut sortir du cadre dont il est enfermé ...tout en faisant tout pour rester. A tel point qu'on a parfois l'impression qu'il ne croit pas à ce qu'il fait : comme son dernier single, Ah ...tu si pouvais fermer ta gueule, qui succède, en ce moment, aux numéros chatoyants de son cabaret, ce n'est pas un très bel objet, Patrick Sébastien vaut mile fois mieux.






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goodbauer 10/12/2008 19:28

Il l'aurait mérité avec sa coupe de cheveux trop relou ^^

Aphasique 10/12/2008 22:39


En même temps, l'émission culturelle d'Hondelatte dépasse tout ce qui s'est fait jusque là... Même les cheveux de Patrick