Les médias épinglés, pas neuf... Francis Ponge dédouane la télévision

Publié le par Aphasique

La télévision est souvent épinglée. On la critique beaucoup. Robinet à images, enfermant les foules à leurs domiciles ...et dans leurs préjugés, la télé n'ouvrirait rien, ni les coeurs, ni les oeillères... au contraire. Pour avoir un aperçu de la violence que reçoit la lucarne, allez faire un tour dans notre page citations. Pour résumer : Intellectuels (constructifs), gens de cinéma (méprisants) et gens de télé (ridicules) tapent sur la télévision et souvent à la télévision, pour la dernière catégorie.  

Juste pour prendre un peu de recul, et pour le plaisir, (re)lisons le poème écrit en 1946, par Francis Ponge, sur la radio :

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     Cette boîte vernie ne montre rien qui saille, qu'un bouton à tourner jusqu'au proche déclic, pour qu'au-dedans bientôt faiblement se rallument plusieurs petits gratte-ciel d'aluminium, tandis que de brutales vociférations jaillissent qui se disputent notre attention.
     Un petit appareil d'une << sélectivité >> merveilleuse ! Ah, comme il est ingénieux de s'être améliorer l'oreille à ce point ! Pourquoi ? Pour s'y verser incessamment l'outrage des pires grossièretés.
     Tout le flot de purin de la mélodie mondiale.
     Eh bien, voilà qui est parfait, après tout ! Le fumier, il faut le sortir et le répandre au soleil : une telle inondation parfois fertilise...
     Pourtant, d'un pas pressé, revenons à la boîte, pour en finir.
     Fort en honneur dans chaque maison depuis quelques années - au beau milieu du salon, toutes fenêtres ouvertes - la bourdonnante, la radieuse seconde petite boîte à ordures ! 

Francis Ponge,
écrit en 1946,
présent dans Pièces, Poésie/Gallimard

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Le pigeon, le gui, la valise... : un pur délice

On aurait pu retrouver l'idée principale, formulée plus précocement (et moins bien sans doute) à propos de la presse écrite, ou plus tardivement à propos d'Internet. Presse à grands tirages, radio, télévision, internet... Les Mass Media offrent la possibilité à tout à chacun de savoir ce qu'il se passe de pire, partout sur la Terre. Une sorte de tout à l'égout des faits divers scabreux, ou des grossièretés...  En celà, la télévision, en elle-même, n'y est pas pour grand chose. Quand il s'agit de toucher la foule, certaines régularités apparaissent, et passent outre le support... Et si le contenu de ces Mass Media offrait la photographie la plus précise de l'humain ? L'humain, de loin, l'individu statistique, celui qui achète vite fait une feuille de chou, écoute ou regarde des programmes ou clique anonymement sur la toile. Et qui renforce, par la même occasion, un système... Si, en 1946, à l'heure des postes TSF, avant le poids de la publicité et l'apparition du mot Audimat, c'était déjà le cas... imaginez aujourd'hui, comment pourrait-il en être autrement ?

La radieuse "seconde" petite boîte à ordure, enfin la deuxième, elle ne fut pas la dernière...

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alix 01/02/2009 00:26

coucou

Bien la télévision est une fenetre ouverte sur le monde ou on trouve le meilleur mais aussi le pire.
Après c'est à chacun, en fonction de sa sensibilité, de ses envies mais aussi de ses capacités d'en prendre ce qu'il veut ou ce qu'il peut.

Comme dirait Arthur cest "A prendre ou a laisser" encore un jeu fort intelligent et surtout pas mis en scène.
Ah la spontanéïté à la télé y a que ça de nos jours ;¤)

Alix téléphage enfin plus webphage en ce moment

PS c'était donc toi le modèle pour nounours!
Me disais aussi que ça pouvait pas être moi, j'ai que la fit et suis pas si ridicule que ça, quoique!!!!
Pis au fait elle a le dos large Miss A hein comme de par hasar tout c'est truc là c'est elle qui les achete et Mister A lui,
qui ne veut pas mourir idiot, ben il les test.
Mais ça serait pas plutot Mister A qui les achete et Miss A qui après pour pas que ça reste dans un placard les utilise parce qu'elle aime pas gâcher hein????