TF1 audience catastrophique + Critique de Ma soeur est moi

Publié le par Aphasique

audience en fin d'article

Hier soir, sur TF1, un téléfilm Ma soeur est moi. Une sorte de Tootsie ou de Mme Doubtfire, version téléfilm français... L'image est-elle intéressante ? Les personnages tirent-ils leur épingle du jeu ? L'histoire tient-elle la route ? Voici une critique, sans à priori, ni positif ni négatif, sur ce divertissement familial...

Du rythme et de la couleur

Entre le générique, très chouette, très jazzy et la petite musique d'ambiance, malicieuse et « conte de fée », l'environnement sonore est soigné. Il y a du rythme, on ne peut pas l'enlever à ce téléfilm. Un rythme accompagné de couleurs vives. Sur les murs ou sur les filles (avec les robes vertes, jaunes, rouges), il y a de la couleur. Comme dans une BD…

Deux des producteurs du films... qui pevent être satisfaits du son et de l'image

Dans la BD, on s'y installe d'ailleurs très vite, et jusqu'à la fin, les gags "cartoon" abondent : Le héros lance une ventouse sur un collaborateur, son ex femme gonfle et éclate en confetti… Des gags avec des éffets spéciaux !

D'ailleurs, les plans sont très créatifs ! On sort du cliché, avancé par les gens de cinéma, qualifiant les films télés de simples assemblages de "champ/contre champ". Seules différences avec le cinéma : les délais de tournage sont différents, donc évidément tous les plans ne sont pas investis et réfléchis... Et puis, une série,  surtout celle là, ne se prend sans doute moins au sérieux... Il n'est pas question de faire de l'art mais de divertir. Aussi, plein de déguisements : clown, rasta man, vampire, la grande faucheuse… La proximité avec les déguisements, c’est ce qui donnera l’idée, au héros, de se travestir en fille...

Des plans et des délires originaux : ici Julien apparait dans la baignoire pour menacer  la Lucie qui est en lui

Parlons justement des personnages

Le héros, Julien, la trentaine passé, est divorcé. Il a une fille de 16 ans avec qui il a du mal à communiquer. Il travaille dans la cuvette de toilette. Il est même le patron. Malgré lui : il remplace sa mère, dans le coma depuis 8 ans. Il va d'ailleurs la voir, à l'hopital, tous les jours... 

Bernadette Lafont joue la mère, dans le coma (au début) sur nos nerfs (ensuite)

Drôle de patron ! Pas investi du tout. Mais qui fait ce qu'il peut. Ce père de famille est, au fond, un artiste un peu décalé : il joue de la musique. Son copain le dit romantique… Son sopain ? Il ressemble comme deux gouttes d'eau à Laurent Ournac et il a un incroyable métier, il est clown… notamment à l'hopital pour rendre un  petit sourire aux enfants... D'ailleurs, il n’y a que dans les téléfilms de TF1 où les infirmières ont (encore) des blouses comme cela… Un téléfilm qui aime donc les costumes...

Puis, toujours à l'hopital, mais celui des adultes (là où séjourne la maman) arrive enfin un autre personnage important, un nouveau médecin… « Bonjour monsieur ! » blonds les cheveux, noisettes les yeux : Plutôt joli, le medecin… Enfin jolie plutôt, le medecin . C'est une doctoresse comme dirait ma grand-mère. Et oui, la différence des genres, ces différences inscrites socialement, seront au coeur de ce téléfilm sans prétention aucune.  

L'histoire ?

Evidémment, il fallait que cela arrive : La mère se réveille enfin ! Sa deuxième phrase « Mais il con ce môme ! », la quatrième  : « Elle où ta sœur ? ». On se demande pourquoi il était aussi impatient. Quand le médecin arrive, ça se précise : « J’ai eu un fils et la plus merveilleuse des filles, Lucie » Quand on lui rétorque qu'elle en a de la chance : « J’ai aussi eu mon lot de déceptions. Savez vous que certains enfants pissent au lit jusqu’à 11 ans, hein Julien ??? ». Le problème, c'est : « La moindre contrariété peut la refaire plonger ! » Dès qu’elle réclame sa fille, la matrone passe dans la zone rouge. Elle la veut, un vraie caprice... Mais pour écrire à sa sœur, Julien ne dispose que d'un hypothétique lucie.ramo@frimail.net. Lucie est en Patagonie. C'est sa liberté de penser. Préférée de la famille, peut-être, mais elle a préféré partir...

Le personnage de gauche (ouf !) doit ressembler à la fille sur la photo...

Alors, vient la grande idée, Julien sera Lucie. Arrachage de poils de nez, de torse, d’aisselle… et sans doute les autres aussi... Julien a des épaules assez larges, mais ça passe… Avec un clown comme coatch ça ne peut que passer et ça donne : « Tu penses femme, tu parles femme, tu bouges femme »

La mère, voyant son fils en fille : « Tu es tellement plus belle qu’avant ! ». Pas étonnant, elle n’aime pas les hommes, « dans la famille, ce sont les femmes qui ont les couilles »

Les trois passages obligés d'une série télé TF1 :
- L’histoire d’amour, avec la femme médecin…  Qu'on voit venir depuis tellement longtemps, depuis le tout début ...ou même avant : depuis le journal de 20h. Ca donnera, au final, un plan sympa. Un très gros plan, assez long, sur le cou de la femme aimée (mais interdite de tout baiser… surtout déguisé en fille). Julien se dédoublera et embrassera, version translucide, son docteur love à lui...
- La relation avec la fille, qui s’améliore avec les discussions  avec la « fausse » Tata. Parce que tout passe par la communication. C'est, en tout cas, la communication de la chaîne...
- Et puis, Laurent Ournac...

Le deuxième sexe (autre titre possible : La minute Eric Zemmour)

Ma soeur est moi, c'est une jolie confusion des genres… Plus qu'une confusion des genres homme/femme, les stéréotypes de genres (bah caca !) sont carrément inversés (bah caca aussi alors !) :

- Les hommes sont plutôt fragiles (avec toutes les qualités que cela suppose : sensibles, romantiques, créatifs – c’est le héros qui a eu l’idée qui sauvera l’entreprise, et c’est un collaborateur qui y participera activement).
- Les femmes, quant à elles, sont terre à terre, elle sont fortes (avec tous les défauts que cela suppose : froides, manipulatrices, castratrices et méchantes).

Même les plus sympas : Comme la femme médecin, qui sait ce qu’elle veut (un enfant) et qui semble trop forte pour garder un mec… Comprendre en filigrane : si j’étais une jolie imbécile, j’aurais tous les hommes à mes pieds. Tout le contraire des mecs, complètement à côté de la plaque.

Donc, cette image n'est pas extraite du téléfilm de ce soir (private joke : défi gagné) 

Aussi une opposition des stéréotypes de genre sur les métiers

A l'heure actuelle, les hommes et les femmes peuvent échanger les rôles, ça TF1 l'a compris, mais la chaine est un peu lourde, elle veut être sûre que nous aussi nous comprenions bien

Le héros est, on l'a vu, un artiste. Du moins à l’intérieur de lui. Etre soi-même dirait un célébre vendeur de cosmétique. Sa passion c'est la musique. Le copain est un comédien, un clown, qui fait dans le social en plus... Ils pourraient au moins jouer au foot, mais non !

La fille, sa fille, veut quant à elle faire des études d’électronique. La femme convoitée est médecin (elle a certes un collègue homme, mais il ne parle que de sa femme << comme dirait ma femme >> est son gimmick, et il ne prend jamais aucune décision). Et puis, enfin, la reine des reines : il y a la mère, la chef d’entreprise… Qui veut virer des collaborateurs... Elles pourraient au moins faire de la couture, mais non !


La résolution

A un quart d'heure de la fin, le père de famille, pas très bon, soumis depuis ... 35 ans peut-être (depuis 20h45 en tout cas), envoie tout valser... Il s'affirme...

La solution pour être bien dans sa peau tient parfois en très peu de mots, Julien n'a pas attendu autant d'années que notre ami barbu pour le comprendre

Tout commence quand ce gentil Julien, après qu'on l'ait démasqué, fait un grave malaise ...à cause d’une allergie aux cacahouètes (c’est fait exprès ? ça ne s'invente pas).

Tout s'enchaîne, il se dé-chaîne : 
...De son ex épouse, qui voulait prendre sa fille pour l’emmener à Londres… Il lui dit « Non ! » suivi de près par « tu m’emmerdes ». 
...Et de la matronne : « Maman ça fait des années que je me demande ce qui cloche chez moi, alors que c’est juste toi ! »

Pour le générique de fin, notre ami est heureux, il joue de la musique.
 

Pour conclure...

Ce téléfilm est rythmé, coloré, inventif dans la forme. Un objet joli et agréable. Dans le fond, Ma soeur est moi n'invente rien, il y a eu déjà beaucoup de films sur ce thème. Il n'y a, hélas, pas de mélange des genres "cinématographiques", nous sommes dans le téléfilm familal et on y reste ! Il est amusant de remarquer à quel point les stéréotypes de genre classiques sont aussi inversés. Du coup, même inversés, les stéréotypes sont toujours aussi mécaniques... Et énervants. Il y a une règle qui semble géré le scénario : sciences/rationnels/froids (= femmes) vs. arts/créations/chaleurs humaines (= hommes). Du coup, l'affect va plutôt du côté des étourdis, des gentils... des mecs quoi... Heureusement, il n'y a pas que la mère et l'ex-femme, immondes sur tous les plans. iI y a des femmes sympathiques dans ce téléfilm : la fille, la femme convoitée, la soeur (jouée par le même acteur homme) mais elles savent toutes ce qu'elles veulent, et le jour où Dieu a distribué la fantaisie, elles avaient sorti leur ombrelle  (car toutes femmes ont une ombrelle) ! Dommage, enfin, que (presque) tous les méchants soient du sexe féminin...

A l'instar de la princess Peach, toutes les femmes ont une ombrelle

Un membre du Post prévoyait, hier, un film culte tellement cliché qu'il serait nul, concon, bêbête. Non, honnêtement, ce n'est pas le cas. Le dernier téléfilm que j'avais vu sur TF1 se passait dans un palace (Une suite pour deux, avec Richard Berry Cristina Reali et ...Laurent Ournac, diffusé en septembre dernier). A côté, Ma soeur est moi est une vraie réussite artistique. Certes, la morale n'est pas subtile, c'est sûr. Mais visuellement, c'est créatif.Souvent, le défaut des téléfilm, c'est d'être irréaliste. Ici, la fiction n'est plus réaliste, au contraire, mais l'irréalisme est revendiqué. On penche du côté du cartoon et du conte...

L'idée, c'était de critiquer cette série sans préjugé, est le verdict est plutôt positif. Un divertissement familial, qui certes a ses impératifs, mais cette fois, le téléfilm semble en jouer. L'ensemble est très digeste...

Mise à jour 13h00 : Une audience catastrophique

Les chiffres sont tombés et ils sont mauvais. Moins de 20 % de Pda (19,4), c'est France 2, sans pub, qui est largement leader (environ 25 % en moyenne sur tous les épisodes).

Citons Ozap.com pour des comparaisons parlantes : <<Il faut remonter à septembre 2007 pour retrouver un score plus faible pour la chaîne : à l'époque, la série L'Hopital n'avait réuni que 3,8 millions de téléspectateurs, pour 18% de part d'audience. A titre de comparaison, la semaine dernière, Joséphine, ange gardien avait réuni 7,71 millions de téléspectateurs (29%). >>

Toujours est-il que Josephine est un monument de niaiserie (sans 2nd degré ...ou alors il est très facile de passer à côté) et que l'autre échec cité, L'hopital, était certes sympa mais une copie conforme de Grease Anatomy. Dommage pour l'équipe du téléfilm d'hier.  Dechavanne le nerveux doit être comme un dingue, c'est encore le chien qui va prendre... (il ne quitte pratiquement pas son oeil au beurre noir)

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alix 17/02/2009 15:44

Bonjour,

(1ère visite du jour je ne connais pas ce bureau des reccalamations Monsieur qui me soupçonnez à juste titre roooooooo)

Je n'ai pas regardé et à lire ton post je le regrette alalala la télé et moi en ce moment on est pas copines

enfin j'ai beaucoup aimé ton interprétations et ton coté poétique (journée de la gentillesse profitte c'est rare) et tu m'as souvent fait sourire

en ce qui concerne ton défi mouais peut mieux faire mais ok je te l'accorde, juste lorsque tu te prends en photo cache l'étiquette de pub ça le fait pas

alix la funambulle

tf0 17/02/2009 13:25

tf0

Aphasique 18/02/2009 12:34


TFzéro quoi ! :) (si j'ai bien compris ???)