Traces d’urine sur les « Jeux Video Magazine » ? La faute à Internet

Publié le par Aphasique


Dans la télé, il n’y a pas que de la télé. Les consoles occupent aussi la lampe. Nous avions déjà rapporté le top 12 des jeux vidéo (pour consoles télé) les plus vendus. Pour ce second article sur ce thème, une grosse digression, une cascade de dominos : nous allons voir ensemble que le développement d’Internet peut donner toutes sortes de maladies aux lecteurs de cette presse spécialisée (version papier) ! 

Un nombre de lecteurs faramineux

Tout commence par une observation : le nombre de lecteurs inscrits dans le mensuel leader du secteur, Jeux Vidéo Magazine. « Lu par 1.351.000 lecteurs » trouve-t-on sur l’avant dernière page. Un français sur 48, c’est absolument énorme. Une telle audience, ça représente, on l’imagine, des ventes au numéros très importantes (même si le magazine ne vaut que 2,99 euros en kiosque et 1,5 par abonnement, au final, ça peut représenter un chiffre d’affaire faramineux) …mais ça représente aussi une rentrée d’argent  très importante en terme de publicités. Avec de l’audiences, quel que soit le support, vous pouvez transformer n’importe quel contenu, sur n’importe quel support, en or massif. Pensez-y ! Et aujourd’hui, pas besoin d’investir dans des rotatives.  Si ce blog avait, allez aujourd’hui, autant de lecteurs que Jeux Vidéo Magazine, le groupe TF1 devrait me reverser, dès demain jeudi, plus de 2700 euros ! Et 81.000 euros par mois si ces mêmes lecteurs revenaient tous les jours !  Et le groupe TF1 ne tirerait pas la tronche, ce partenariat droit d’auteur leur laisse la part la plus importante du gâteau.

Coins, coins, coins ! (and bank note)

Mais revenons à notre sujet : Jeux Vidéo Magazine, dans son numéro dalmatien d’avril 2009 (son n°101) dévoile un nouveau chiffre, le nombre de numéros vendus par mois. Car attention, un lecteur n’est pas un acheteur : l’acheteur d’un magazine peut être un père de famille, et le lecteur unique, son enfant. Ou bien, autre cas de figure, l’acheteur unique peut être le père de famille, et les lecteurs (multiples), non seulement le père mais aussi ses 3 enfants, la mère, le facteur, et les copains qui passent de temps en temps. On pourrait aussi imaginer, un seul numéro, acheté par Jean-christian en allant au squatch et 877 lecteurs (entre Juin 2003 et décembre 2014) dans la salle d’attente de ce dentiste (pour peu le numéro de Décembre 2002 de Jeux Vidéo Magazine se retrouve entre des Gala et des Le Point tout aussi antédiluviens).  Et il y a même, très souvent, des lecteurs sans numéro acheté (dans les kiosques ou les grandes surfaces).

Au suivant !

Alors, la question est, comment connaît-on le nombre de lecteurs ? C’est vrai, y a pas de caméra chez les pères de famille, juste dans la salle d’attente de Jean-Christian, alors, comment fait-on ? Ce chiffre est en réalité estimé par AEPM (Audience et Etude de la Presse Magazine) auprès d’un échantillon représentatifs de 25.000 personnes. C’est loin d’être ridicule. Pour vous donner un ordre d’idée, Médiamétrie qui donne quotidiennement les résultats d’audience télé a implanté moins de 4000 boitiers en France et interroge moins 10.000 personnes (les boitiers correpondent à un foyer). Et oui, un panel assez modeste fait le juge arbitre pour les prix des spots publicitaires et précipite régulièrement des animateurs et des producteurs dans le bureau de la comptabilité (Hondelatte, Courbet…) Pour la presse, l’échantillon est bien plus grand. Par contre, le soucis avec les sondages, et quel que soit le nombre de sondés, c’est que les personnes répondent bien ce qu’ils veulent. Ainsi, on raconte qu’aux Etats-Unis, une enquête classique indiquait un nombre de lecteurs de Playboy inférieurs aux nombres de numéros vendus. Un comble. Hypocrites, les amerloques ? Pas les seuls. On raconte aussi qu’en France, dans les sondages radios, quand les enquêteurs demandent de citer des émissions de radio qu’ils écoutent régulièrement, des sondés répondent encore Radioscopie de Jacques Chancel ! Toujours aussi prestigieuse, cette émission qui a durer 20 ans, mais qui l’est plus à l’antenne depuis 30 années !

Les grand-mères pensent écouter l'émission de Jacques Chancel, en fait, elles ne cessent de relire le livre ! Et Dieu dans tout ça ?

Du coup, dans le cas de Jeux Vidéo Magazine, peut-être le mensuel jouit-il – à l’inverse de Playboy - de l’effet neutre de cette publication (rien d'honteux à lire un canard sur les jeux vidéo, au contraire, ça fait moderne !) et surtout de la  simplicité de son nom, il est facile de se souvenir de ce nom là, complètement transparent ! 

Un (relativement) faible nombre de numéro vendus

Mais revenons à notre sujet : combien de numéros vendus en moyenne en 2008 ? Le nombre de numéros imprimés, ce n’est pas quelques choses que la presse aime à raconter, alors le nombre de numéros vendus, vous imaginez bien…  C’est pourtant le responsable du courrier, le dynamique Pierre Gautier (je dois connaître son site et suivre ces piges de Gaming à Libération en passant par Beaux Arts depuis presque une décennie), qui balance le chiffre top secret : 77.354. Non, pas de chiffre oublié, 77.354, seulement. Et encore, en 2007, c’était 72.558 ! C’est dans doute en raison de cette rare progression, en pleine période de crise de la presse magazine, + 6,6 %, que le Magazine ouvre les portes et se laisse entraîner, par un lecteur, dans la cuisine. D'autant que le magazine est leader sur sa tranche. En même temps, son éditeur presse, Yellow Media, est presque en position de monopole et édite la plupart des concurents : 18 magazines français sur les nouvelles technologie !

La grosse grenouille d'un bassin devenu tout petit (mais c'est les annonceurs, et non les consommateurs, qui arrosent)

Pourtant, même si l'éditeur se partage, tout seul, le gâteau du secteur, 77.354 lecteurs pour le leader, c’est vraiment peu. Pour faire mon geek : Je me souviens qu’au lancement de cette presse « consoles », les premiers Joypad, en 1992, « tiraient » à plus de 100.000 exemplaires (le nombre de numéros vendus devaient tourner aux alentours de 80.000). Je me souviens que 5 ans plus tard, en septembre1997, le premier numéro de Nintendo Magazine (32 francs tout de même à l’époque et avec un parc de consoles concernées, la Nintendo 64, de seulement 250.000 consoles) s’étaient vendues à 80.000 exemplaires ! Aujourd’hui, alors que le magazine traite de tous les jeux vidéo (3 consoles télé + 2 portables + les téléphones, et le PC), et que le secteur est en pleine explosion, seulement 77.000 unités du magazine vendu (à moins de 3 euros pièce). Que s’est-il passé dans ce secteur ? Internet ! Les gens ne sont plus prêts à payer pour l’info qu’ils trouvent sur des sites gratuits (gamekult, jeuxvideo.com, etc),

Un village entier derrière chaque numéro

Un magazine de jeux vidéo, un magazine de jeux vidéo !


Mais revenons à notre sujet : combien de lecteurs par numéros payés ? En 2008, chaque numéro vendu a été lu par 17 personnes et demie ! J’achète, tous les mois, mon numéro et kiosque, et là, ça m’affole. On a l’habitude de se méfier des billets de banques, on se sait pas entre quelles mains les biftons ont circulé. On a découvert sur les billets, toutes les substances imaginables. Dans le même ordre d'idée, en 1997, un toubib, Frédéric Saldmann, est devenu célèbre en analysant des cacahuètes de bistrots. Il en a trouver des choses ! Et notamment, 14 traces d’urines, différentes.

Pour Jean-Claude Van Damme, c'est le symbole du Cosmos, de l'éternel recommencement (voir ici), certes les cacaouètes donnent envie de bière, mais ensuite la bière donne envie d'aller aux toilettes et ensuite seulement on reprend des cacouètes, puis une bière, puis toilettes... Puis on mange de l'urine.

Depuis que j’ai lu ces documents, et que je sais entre quelle population chaque numéro transite, je lis mon Jeux Vidéo Magazine avec des gants. Ca fait quand même 35 mains différentes ! Ca donne presque envie de choisir le titre du magazine en fonction du faible écart entre le nombre de lecteurs et d'acheteurs, pour limiter les paluches. Mieux, il faudrait préférer les magazines qui ont un nombre de lecteurs inférieurs à la diffusion payée : Et là, il faudrait choisir Playboy. Parfait.  Pour chaque numéro vendu, les sondeurs obtiennent un demi lecteur. Ca fait… une seule main par magazine. Tout s’explique. On même temps, au niveau des traces... 


Même si "son" secteur souffre lui aussi de la concurrence d'internet, ce rongeur reste le plus riche du terrier - si les lapins venaient à être à danger, il pourrait aider son espèce !

En ce qui concerne les 80.000 euros mensuels du premier paragraphe : 80.000 euros  dans ma poche, si, d'aventure, l’audience du mensuel de JVM venait tous les jours sur cette page. Evidemment, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Il faudrait peut-être les scans du si hygiénique Playboy pour attirer les clics (d’un seul doigt eux aussi). Je n’ai « obtenu » depuis décembre, qu’un peu plus de 20 euros ! Soit, un abonnement de 13 numéros à Jeux Vidéo Magazine. Mon problème d’hygiène est réglé ; l’abonnement à Playboy est annulé – non, c'est mieux ; les cacahuètes dans les bars sont à bannir ; et on devrait interdire Internet, après, quand on va à la maison de la presse, ça donne des maladies.

Quand il s'agit de cliquer, ou tourner de des pages, certaines mains deviennent gauches
     

Publié dans LA PRISE PERITEL

Commenter cet article

alix 26/03/2009 20:44

coucou
une tite bierre et un peu de cacahouette
alors de retour pour combien de temps????
Tu sais on est des malades nous là tu es revenu trop tôt sinon tu aurais atteint les 100 coms
héhé
cadeau du soir à mon avis ton fan club va apprécier http://www.dailymotion.com/video/x3fr0_dorothee-hou-la-menteuse_events