Pourquoi « La première télé » du fils de Patrick Sébastien a-t-elle eu lieu trois fois ?

Publié le par aphasique



C’est la « première fois » que je poste un message dans un blog. Celui-ci sera consacré à la télévision. Cela tombe drôlement bien :  la télévision adore les « premières fois ». Elle en est fière, elle les célèbre …et souvent, elle en rajoute ! Parlons des « premières fois » à la télévision !

Voici une petite rétrospective : Une émission présentée par Christophe Dechavanne et Philippe Bouvard s’appelait en 1992 « La première fois » et ne parlait que des « première fois » des célébrités. L’émission ne fit pas long feu. Depuis, Les enfants de la télé regorgent de « première fois » et s’amusent des maladresses et des looks rétro des vedettes débutantes… Le regretté Pascal Sevran - dont on a annoncé la « dernière fois » …deux fois ! - s’enorgueillissait d’avoir fait débuter bon nombre de célébrités : Patrick Bruel, Laurent Gerra et bien d’autres…La liste est impressionnante. Pendant 17 ans, si on voulait avoir la chance de voir chanter des gens pour la première fois, il fallait regarder - de temps en temps - La chance aux chansons. Et si on voulait observer des gens chanter pour la dernière fois ? Il fallait regarder tous les jours !

Pourquoi la télévision aime-t-elle autant les « premières fois » ? A la télévision, la « première fois », la « première télé », est vécue comme un véritable rite de passage. Le passage de l’ombre à la lumière… Un véritable test séparant le bon grain de l’ivraie ! C’est censé être le moment où les individus les plus talentueux – encore inconnus - démarrent une nouvelle vie. L’épreuve du grand public, celle qui ne ment jamais ! Du coup, on l’annonce fièrement : c’est sa « première fois ».

Oui, mais quand la première fois fait l’effet d’un pétard mouillé ? On est dépité, déçu. On a l'impression d'avoir grillé une de ses plus importantes cartouches. Alors, quand on aime les tours de magie, parfois, on efface l'ardoise - de toutes façons personne n'a rien remarqué - et on recommence !

A ma plus grande surprise, devant ma télévision, j’ai eu l’occasion de voir « la première télé » du fils de Patrick Sébastien – Olivier Villa – trois fois. ...Mais j’en ai sans doute loupé quelques unes.

La première « première fois » ?
Habillé d’un uniforme marin, dans une émission estivale de France 3, ersatz de 40° à l’ombre. Il l’annonce, le Thierry Beccaro :  « C’est le fils de Patrick Sébastien ! Il s’appelle Captain Disco et il va vous faire danser ! ». Au programme, des petits ordres : faites ceci, faites cela. Des rythmes techno aussi bateaux que les paroles. C’était fait pour marcher …mais Captain Disco fit naufrage !

Qu’importe ! Quelques mois s’écoulent et on recommence, c'est cool. Patrick présentera Olivier, son fils, « et c’est sa première télé ! »  …une seconde fois, chez Drucker. Et, encore une année plus tard, dans la bouche du papa et dans une de ses propres émissions, entends-t-on pour une autre fois, la phrase magique « c'est sa première télé ! ». Deux autres « premières fois » avec deux chansons aussi démagogiques l’une que l’autre : chez Drucker, une chanson d’amour « Elle est belle comme une tourterelle » (ça rime) ; et chez papa, une chanson pour rendre hommage au sexe dit faible « Debout les femmes ! ». En décor, des femmes, debouts (le chorégraphe a le sens de l'à propos !). Des femmes qui, visiblement, viennent de partout : en turbans, en boubous…C’est émouvant. Comme une publicité Benetton. Et aussi émouvant qu'une première fois… «Parce que bon, je suis son père, j’aurais pu le pistonner, une fois, deux fois, mille fois ! Mais non, il veut pas, il veut galérer comme tout le monde ! ». Ha ça c'est sûr ! Si, pour le papa, le succès à la télé et chez les disquaires (qu'on le veuille ou non, Patrick Sébastien est un très grand vendeur de disques !) n'a jamais été mis en doute, le rejeton galère « comme tout le monde », en effet... Et plutôt trois fois qu'une. Il galère même avec l'aide - quoi qu'il en dise - du célèbre papa. On lui souhaite tout de même plus de réussite pour sa 4ème première télé (qui ne saurait tarder)...

A la télévision, tout est toujours sous contrôle ! Ou plutôt, on veut nous faire croire que tout est toujours sous contrôle. Combien de fois a-t-on pu entendre « Si j'ai arrêté la télé (ou la chanson), c'est pour prendre du recul » ? Combien de fois, a-t-on voulu répondre : « Tu as fait exprès de faire 2 émissions de suite (ou 2 disques) qui n'ont pas marché pour prendre du recul ? Tu es très fort ! ». Bref, en réalité, le succès et l'insuccès sont souvent dûs à la chance ou à l'air du temps - des choses difficilement maîtrisables. Mais, rien à faire, à la télévision, ne pas rencontrer un public est la pire des maladies honteuses. Une peste réputée contagieuse. A tel point qu'on n'avoue jamais un échec. A tel point qu’on peut recommencer plusieurs « fois » sa « première télé ». Et ça, c’est – à ma connaissance – la « première fois » qu’on en parle !


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